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Les propos provocateurs de Sanae Takaichi sur Taiwan continuent de susciter un tollé

15 novembre 2025



Les récents propos provocateurs sur Taiwan de la Première ministre japonaise Sanae Takaichi ont laissé entendre la possibilité d’une intervention armée dans le détroit de Taiwan. Alors que la Chine a adressé des avertissements sévères pour cet acte irresponsable, ces propos provocateurs continuent de susciter des critiques au Japon ces derniers jours.


La semaine dernière, lors d’une session de la Diète, Mme Takaichi a affirmé que le recours à la force contre Taiwan par la partie continentale de la Chine pourrait constituer une « menace pour la survie » du Japon et que les Forces d’autodéfense japonaises pouvaient exercer leur droit de défense collective.


C’est la première fois en l’espace de 80 ans depuis la défaite du Japon lors de la Seconde Guerre mondiale, qu’un dirigeant japonais révèle publiquement l’intention d’intervenir militairement dans la question de Taiwan. Ces propos « extrêmement erronés et dangereux » constituent une ingérence flagrante dans les affaires intérieures de la Chine, remettent en cause l’ordre international d’après-guerre et sapent les fondements des relations sino-japonaises.


Un vice-ministre chinois des Affaires étrangères a convoqué jeudi 13 novembre l’ambassadeur du Japon en Chine pour entreprendre une démarche solennelle. Il a souligné que « quiconque osera s’immiscer de quelque manière que ce soit dans la cause de la réunification de la Chine sera certainement sévèrement puni par la Chine ». La partie chinoise a exhorté une nouvelle fois la partie japonaise à réfléchir profondément à ses crimes et à ses responsabilités historiques, à reconnaître et à corriger immédiatement ses erreurs, à retirer ces propos déplacés et à ne pas s’engager davantage sur la mauvaise voie. Sinon, toutes les conséquences devront être assumées par le Japon.


La soi-disant « menace pour la survie » du Japon évoque des souvenirs historiques douloureux. Depuis les temps modernes, le militarisme japonais a utilisé à plusieurs reprises de tels prétextes pour lancer des expansions agressives à l’étranger, infligeant des catastrophes et des souffrances immenses au peuple chinois et aux peuples du monde. Après 14 années de lutte sanglante, le peuple chinois a vaincu les agresseurs japonais et repris l’exercice de sa souveraineté sur Taiwan, ce qui s’inscrit dans l’ordre international d’après-guerre.


Cette année marque le 80e anniversaire de la victoire de la Guerre de résistance du peuple chinois contre l’agression japonaise et de la Guerre mondiale antifasciste, ainsi que le 80e anniversaire de la récupération de Taiwan. En cette année particulière, la Première ministre japonaise Sanae Takaichi, plutôt que de mener une réflexion approfondie sur les crimes de guerre, a évoqué encore la soi-disant « menace pour la survie », tentant d’intervenir militairement dans le détroit de Taiwan.


Les remarques erronées et dangereuses de Sanae Takaichi ont suscité de sévères critiques de la part de hauts responsables politiques et de médias japonais, dont plusieurs anciens Premiers ministres. L’ancien Premier ministre Yukio Hatoyama a fait remarquer que cela semblait être une tentative visant à provoquer une crise afin de plaider en faveur d’un renforcement de l’armement militaire.


L’ancien Premier ministre Shigeru Ishiba s’est explicitement opposé aux propos de Sanae Takaichi sur Taiwan. Ichiro Ozawa, membre de la Chambre des représentants, membre du Parti démocratique constitutionnel du Japon, a qualifié les propos de Mme Takaichi d’« extrêmement dangereux ». Le quotidien Nikkei a reproché à Mme Takaichi d’avoir renoncé à l’ « ambiguïté stratégique ».


Le quotidien Yomiuri Shimbun a noté qu’il était totalement inacceptable d’utiliser la politique de sécurité à des fins politiques. Le Nishinippon Shimbun a estimé que les propos de Mme Takaichi s’écartaient du ton maintenu par les Premiers ministres japonais successifs et ne feraient qu’exacerber les tensions.


De nombreux analystes ont souligné que les propos ouvertement provocateurs de Sanae Takaichi sur Taiwan découlaient à la fois de motivations personnelles et d’influences conservatrices de droite plus profondément enracinées. Sur le plan personnel, Mme Takaichi est une figure de proue de la faction conservatrice de droite au sein de la sphère politique japonaise. Elle s’est rendue à plusieurs reprises au sanctuaire très controversé Yasukuni, a nié l’histoire d’agression japonaise et a adopté une position intransigeante sur des questions telles que la sécurité.


Dans son discours politique inaugural prononcé fin octobre, Mme Takaichi a annoncé son intention de porter les dépenses de défense à 2 % du PIB au cours de l’exercice en cours, soit deux ans à l’avance, et de réviser les trois documents sur la sécurité nationale d’ici la fin 2026. Les observateurs suggèrent que ses propositions politiques en matière de sécurité et d’affaires étrangères témoignent d’un caractère nettement intransigeant et conservateur. La scène politique japonaise a été marquée par une présence de longue date des forces conservatrices d’extrême droite cherchant à ressusciter le militarisme. Elles ont tenté de se libérer des contraintes de la constitution pacifiste, poursuivant l’objectif de la prétendue « normalisation nationale ». Sous l’impulsion de ces forces, le Japon a considérablement modifié sa politique de sécurité, augmentant chaque année son budget de défense, assouplissant les restrictions sur les exportations d’armes et cherchant à développer des armes offensives.


Ces dernières années, les forces de droite japonaises ont fait grand tapage autour de la soi-disant « menace chinoise » afin de cultiver un sentiment de crise au sein de la société japonaise et de justifier l’expansion militaire. À l’heure actuelle, elles sont parvenues à un consensus sur la tentative d’utiliser la question de Taiwan pour contenir la Chine, cherchant à créer une dynamique pour faire avancer leurs objectifs politiques.


Dans ce contexte, les récents propos de Mme Takaichi sur Taiwan envoient un signal dangereux sur la résurgence du militarisme japonais, ce qui mérite la plus grande vigilance de la part de la communauté internationale.



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