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Ne tuez pas la poule aux œufs d’or !

Pierre Gattaz

Basile Laureau

Quand on écoute certains discours politiques, on ne peut s’empêcher de penser à la célèbre réplique de Michel Blanc : « sur un malentendu, ça peut marcher ». Cette approche incertaine, où l’on espère que des mesures mal pensées aboutiront à des résultats positifs, semble parfois dominer les discussions sur la fiscalité des entreprises.


Le gouvernement actuel, lui, incarne cette vision trop souvent adoptée, où l’on navigue à vue, en espérant que, par hasard, les taxes excessives et les réglementations étouffantes ne tueront pas l’élan entrepreneurial.


Revenons aux bases : dans toutes les démocraties qui réussissent, l’entreprise est respectée, défendue, vénérée.


Pourquoi ? Parce que l’entreprise est la seule entité au monde qui crée de la richesse concrète, des emplois et du pouvoir d’achat pour un pays et pour les habitants de ce pays.


Elle est le premier niveau d’un édifice qui soutient tout le reste au-dessus :


• Les ménages, qui ne peuvent consommer et participer à la croissance et à la richesse que s’ils ont un travail et un salaire.

• Les pouvoirs publics, qui ne peuvent investir dans l’éducation, la santé, l’armée, la police, la justice, les infrastructures, que si des entreprises et les ménages paient des taxes et des charges. Et les ménages ne contribuent que s’ils ont un travail et un salaire payé… par les entreprises !


Si l’on éreinte les entreprises ou leurs dirigeants avec un fardeau fiscal trop élevé par rapport à la concurrence internationale, ou si on les ligote avec un environnement de normes et de lois trop complexes, elles s’affaibliront ou se démotiveront et choisiront d’autres pays plus pragmatiques pour se développer. Le raisonnement est valable pour les dirigeants, les actionnaires et même les salariés qui, dans un marché ouvert, n’hésiteront pas, pour certains, à quitter le pays ou tout simplement à investir ailleurs.


Moins d’entreprises performantes, c’est moins de consommation des ménages, moins de fiscalité pour financer les dépenses publiques et les investissements, et moins de moyens pour payer les fonctionnaires.


Mesdames et Messieurs les politiques, ne tuez pas la poule aux œufs d’or par une hausse des impôts sur les entreprises, leurs dirigeants, leurs actionnaires, ou leurs salariés, dans un pays déjà champion du monde des prélèvements obligatoires toutes catégories ! Les dégâts seraient considérables en termes de démotivation et de conséquences négatives rapides sur l’état du pays.

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