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Blendcel : la deeptech française qui recycle les déchets textiles en alternative au plastique

  • STRA
  • il y a 24 minutes
  • 2 min de lecture

Dans l’industrie textile française, où 1,4 million de tonnes de déchets finissent chaque année incinérés ou en décharge, une start-up azuréenne défie la fatalité. Blendcel, fondée en janvier 2025 par Marion Négrier, docteure en chimie des matériaux des Mines Paris – PSL, propose un procédé chimique breveté pour extraire la cellulose des fibres végétales mélangées (coton, viscose, lin) et en faire des matériaux sur-mesure, circulaires et performants. Objectif : remplacer le plastique vierge tout en attaquant les 80% de textiles « non recyclables ». Décryptage d’une deeptech qui passe du laboratoire à l’usine.


Les racines scientifiques d’une entrepreneuse


À 30 ans, Marion Négrier n’a pas le profil classique de la start-upper. Diplômée de l’ENSMAC (Chimie, bio-ingénierie), elle intègre en 2020 le CEMEF (Centre de Mise en Forme des Matériaux, Mines Paris – PSL, UMR CNRS 7635) pour une thèse intitulée « Des déchets textiles aux aérogels de cellulose pour applications de libération contrôlée », soutenue en décembre 2023 sous la direction de Tatiana Budtova. Ces matériaux ultra-légers (99% air), isolants d’exception, restent alors niches.


Post-doctorat au même labo (février 2024), un Mastère spécialisé Entrepreneuriat Deeptech et Innovation (Mines Paris, 2023-2024) la fait pivoter. « J’ai vu le potentiel d’applications grand public : pourquoi s’arrêter aux aérogels quand on peut substituer le plastique ? » Lauréate i-PhD Bpifrance (thématique Matériaux, 2024) et pré-maturation PSL Valorisation, elle fonde Blendcel à Sophia Antipolis, incubée Provence Côte d’Azur. Un premier brevet est déposé. Mélanie Maincourt, ingénieure polymères, la rejoint comme CTO.


Chaque année, plus de 100 millions de tonnes de déchets textiles sont générées dans le monde, dont seulement une faible fraction est recyclée et encore moins réutilisée industriellement. Les textiles composés de fibres mélangées – coton, viscose, polyester ou polyamide – sont particulièrement difficiles à valoriser du fait de leur complexité.

Blendcel se donne pour mission de changer cette donne. Au cœur de son modèle : un procédé chimique breveté capable de séparer et transformer la fraction cellulosique des textiles (coton, viscose, Lyocell, Tencel) en matériaux biosourcés aux propriétés techniques intéressantes. Ces matériaux sont ensuite transformables en plaques légères, matériaux rigides ou additifs pour la construction, ouvrant des débouchés multiples dans les secteurs de l’emballage, de l’ameublement ou de l’industrie.


« Notre objectif est de concevoir des matériaux polyvalents pour différentes applications, en substituant les ressources fossiles par de la cellulose recyclée, explique Marion Négrier.  Les déchets textiles mélangés représentent 80% du flux non recyclable. Mon procédé les transforme en ressources premium.»


Le projet Blendcel bénéficie d’un accompagnement structuré depuis sa phase de pré-maturation jusqu’à l’approche commerciale. Aujourd’hui, l’équipe s’emploie à montée en échelle du procédé avec l’ambition d’initier une production de 50 à 100 kg par mois de matériaux recyclés à partir de textiles séparés chimiquement. Cette étape, prévue pour 2026, marque un tournant vers l’industriel, avec l’ouverture envisagée d’un premier site de production dédié.


Au-delà du soutien institutionnel, Blendcel a aussi gagné en visibilité auprès d’acteurs industriels et d’investisseurs. Sa sélection parmi les finalistes du Startup Booster du salon JEC World 2026 – une vitrine mondiale pour les innovations en matériaux avancés – illustre l’intérêt croissant pour les solutions de recyclage textile à forte intensité technologique.


Blendcel coche tous les cases France 2030 : deeptech, circularité, décarbonation et elle a toute sa place à Sophia Antipolis, hub chimie verte. Marion Négrier, la scientifique-entrepreneuse qui tisse l’avenir post-fast fashion.


Par N.P

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