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Chen Xiaobo : l’homme qui industrialise la robotique sous-marine

20 décembre 2025



Un robot qui “lave” les géants des mers... sans les immobiliser


Le produit phare de Shihang Intelligent est simple à résumer — et redoutable à réaliser : un robot sous-marin capable de nettoyer la coque d’un navire dans l’eau. En retirant les dépôts biologiques qui augmentent la traînée, il aide les armateurs à réduire la consommation de carburant, à améliorer la performance et à limiter les interventions humaines risquées. Leur robot, surnommé « Orque », se veut un outil industriel : il doit fonctionner en conditions réelles, résister à la corrosion, garder sa stabilité dans le courant, et livrer un résultat mesurable.


Chen Xiaobo : choisir le milieu le plus difficile


Derrière ce robot se trouve Chen Xiaobo, né en 1989. Formé dans deux grandes universités d’ingénierie, il s’est spécialisé très tôt dans les technologies marines : navigation, capteurs, contrôle, systèmes autonomes. Il a d’abord touché à plusieurs univers de la robotique, mais a rapidement choisi le sous-marin — un domaine plus complexe, moins visible, mais où la barrière technologique est plus élevée et l’utilité immédiate.


Du laboratoire au terrain : “si ça ne sort pas, ça ne compte pas”


Son déclic tient en une frustration : trop d’innovations restent bloquées au stade des rapports et des publications. À partir de là, il cherche des scénarios où la valeur est évidente, où le client peut trancher vite : est-ce que cela fonctionne, est- ce que cela fait gagner du temps, est-ce que cela réduit les coûts ? Cette obsession du réel l’amène à tester, à itérer, et à penser produit avant de penser discours.


2023 : fonder Shihang et se confronter à la mer “en vrai”


En mai 2023, il fonde Shihang Intelligent. Très tôt, l’entreprise fait un choix stratégique : démarrer par un besoin récurrent, concret, et économiquement lisible. Le nettoyage de coque devient une porte d’entrée idéale : fréquent, difficile à mécaniser, coûteux lorsqu’il est fait de façon traditionnelle, et suffisamment standardisable pour permettre une industrialisation.Le mur du réel : courant, corrosion... et scepticismeSous l’eau, les promesses ne valent rien sans preuve. Le robot doit tenir face aux courants, à la visibilité changeante, à l’eau salée, à l’usure, aux contraintes d’étanchéité et de fiabilité. L’équipe répond par une approche “système” : maîtriser les briques critiques (propulsion, contrôle, capteurs, navigation, étanchéité, alimentation), et surtout prouver l’usage sur le terrain. C’est là que se construit la crédibilité : dans la répétition des missions, la robustesse, et la capacité à livrer un résultat constant.


Une doctrine de croissance : application, R&D, pré-recherche


Le style Chen Xiaobo se résume à une méthode : avancer sur trois horizons. D’un côté, une gamme “application” qui se déploie et génère du chiffre d’affaires ; au centre, une R&D qui élargit les capacités ; en amont, une pré-recherche qui

prépare les ruptures. Son ambition n’est pas de rester sur un seul cas d’usage, mais de bâtir une plateforme de robotique sous-marine capable d’absorber de nouvelles missions à forte valeur.


Traction et financements : la confiance des investisseurs


La progression se lit aussi dans la dynamique de financement, avec plusieurs tours rapprochés. Parmi les investisseurs, on retrouve notamment GSR Ventures, le fonds associé à Zhu Xiaohu, signe d’un pari assumé sur une robotique “utile” et monétisable. Pour Shihang, le financement n’est pas une fin : c’est un accélérateur pour l’industrialisation, la fiabilisation et la montée en capacité.


Et après la coque : infrastructures marines, inspection et opérations longues


L’« Orque » n’est qu’un point de départ. La suite vise des terrains où la valeur est encore plus élevée : inspection et maintenance d’infrastructures offshore, suivi d’actifs, interventions plus complexes, opérations longues durée. Si la trajectoire se confirme, Shihang peut dépasser l’image d’un “robot de nettoyage” pour devenir un acteur de référence de la robotique opérationnelle en mer — avec un fondateur qui a fait un pari rare : transformer le milieu le plus hostile en terrain d’industrialisation.

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