Les robots chinois en 2025 : une révolution aux multiples enjeux
- chenggenzhao
- 4 janv.
- 6 min de lecture
12 décembre 2025

Les robots chinois en 2025 : une révolution aux multiples enjeux
La Chine, nouveau leader mondial de la robotique
En 2025, la Chine n’est plus seulement l’"usine du monde" : elle est devenue le leader incontesté de la robotique, avec une influence croissante sur l’économie, la société et la géopolitique mondiales. Grâce à son plan « Made in China 2025 », le pays a massivement investi dans l’automatisation, l’intelligence artificielle et les technologies de pointe, transformant radicalement ses industries et ses services. Aujourd’hui, la Chine installe chaque année près de 300 000 robots industriels — soit quatre fois plus que l’Union européenne et neuf fois plus que les États-Unis-. La Chine a dépassé le cap des 2 027 000 robots industriels actifs, représentant plus de 50 % des installations mondiales en 2024, avec une croissance soutenue d’environ 7 % par rapport à l’année précédente. Un apport de McKinsey China souligne :
« La Chine ne rattrape plus son retard : elle définit désormais les standards mondiaux de l’automatisation. »
Cette révolution soulève des questions majeures : quels sont les secteurs les plus impactés ? Quels défis économiques, éthiques et stratégiques cette transformation pose-t-elle ? Et comment les acteurs internationaux, notamment français et européens, peuvent-ils y répondre ? Selon une étude de l’IFR (International Federation of Robotics), la France pourrait voir sa productivité industrielle augmenter de 15 à 20 % d’ici 2030 grâce à l’intégration de robots chinois. Et comme le souligne l’expert Henri Danzin : « La souveraineté numérique ne se joue pas seulement dans le cloud : elle se jouera de plus en plus dans la robotique. »
1. Une domination industrielle sans précédent
a) L’automatisation comme levier de compétitivité
La Chine a fait de la robotique un pilier de sa modernisation industrielle avec des entreprises comme Midea-KUKA, Siasun Robotics ou BYD qui automatisent des chaînes de production entières, de l’électroménager aux batteries pour véhicules électriques. Ces robots, souvent plus rapides et moins coûteux que leurs équivalents occidentaux, permettent à la Chine de maintenir un avantage compétitif sur les marchés mondiaux.
Les usines de BYD et CATL, leaders mondiaux des batteries, fonctionnent presque entièrement avec des robots autonomes, réduisant les coûts et augmentant la productivité.
b) Un impact sur l’emploi et les chaînes de valeur mondiales
Cette automatisation massive a des conséquences directes sur l’emploi, notamment dans les secteurs traditionnels. En Chine, elle permet de compenser le vieillissement de la population et la pénurie de main-d’œuvre dans certaines industries. À l’échelle mondiale, elle redéfinit les chaînes de valeur, forçant les pays concurrents à s’adapter ou à risquer de perdre en compétitivité.
"La robotisation accélérée des usines chinoises surprend les PDG occidentaux. Elle n’est plus une option, mais une nécessité pour rester dans la course", souligne un rapport de l’International Federation of Robotics.
2. La santé : une médecine augmentée par les robots
a) Des innovations qui sauvent des vies
La Chine est devenue un laboratoire géant de médecine robotisée. Les robots chirurgicaux, comme le "Toumai" de MicroPort, réalisent déjà plus de 15 000 interventions par an, tandis que des systèmes de télémédecine et de diagnostic par IA, développés par Huawei et Alibaba Health, permettent des diagnostics précoces de cancers et de maladies oculaires.
En 2025, une opération cardiaque franco-chinoise a été menée à distance depuis Bordeaux, grâce à un robot haute précision et un réseau 5G/6G, illustrant le potentiel de la coopération internationale dans ce domaine.
b) Des robots au service du vieillissement de la population
Face au vieillissement démographique, la Chine mise sur des robots infirmiers, comme les "YouiBot", capables de prendre la tension, transporter des échantillons ou assister les soins. Ces innovations répondent à un besoin croissant de soins à domicile et en établissements, tout en réduisant la charge sur le personnel médical.
3. Commerce et services : une intégration rapide dans le quotidien
a) Des robots déjà présents en France et en Europe
Les robots chinois ne sont plus cantonnés à la Chine : ils sont déjà omniprésents en France et en Europe. Keenon Robotics, par exemple, déploie ses robots serveurs dans des dizaines de restaurants à Paris, Lyon ou Marseille, tandis que Pudu Robotics équipe l’hôtellerie avec des robots de livraison intérieure.
Les robots serveurs de Keenon sont présents dans plus de 60 pays, illustrant l’internationalisation rapide de ces technologies.
b) Une transformation des modèles économiques
Les livraisons autonomes (Meituan, JD.com) et les magasins automatisés (Huawei Smart Retail) montrent comment la robotique redéfinit le commerce et les services. Ces innovations améliorent l’efficacité, mais posent aussi des questions sur la protection des données et la dépendance technologique.
4. Sécurité, environnement et défense : des enjeux géopolitiques majeurs
a) Des robots pour surveiller et protéger
La Chine utilise des robots pour renforcer sa sécurité et protéger l’environnement. Les chiens-robots de Unitree, déployés pour la surveillance
de zones sensibles, ou les drones marins de OceanAlpha, qui nettoient les eaux de 120 villes chinoises, en sont des exemples concrets.
b) Une révolution militaire et spatiale
Dans le domaine de la défense, la Chine développe des drones sous-marins autonomes (Harbin Engineering), des robots démineurs (CASC) et des exosquelettes pour les opérations spéciales (Norinco). Ces technologies, couplées à des avancées spatiales comme les bras robotisés de la station Tiangong ou les rovers martiens, positionnent la Chine comme une puissance militaire et spatiale de premier plan.
"La robotique militaire chinoise modifie profondément les rapports de force internationaux, avec des implications pour la sécurité globale", souligne un rapport de l’Australian Strategic Policy Institute.
5. Relations et collaborations franco-chinoises : un marché en pleine expansion
a) Une présence chinoise déjà tangible en France
Les robots chinois ne sont plus une simple curiosité en France : ils s’imposent comme des acteurs clés dans plusieurs secteurs. Keenon Robotics, par exemple, a déployé ses robots serveurs dans des restaurants parisiens, lyonnais et marseillais, tandis que Pudu Robotics équipe des hôtels et centres commerciaux avec des robots de livraison et d’accueil. DJI, leader mondial des drones, est omniprésent dans les médias, la sécurité civile et l’industrie audiovisuelle française. Enfin, Unitree Robotics teste ses solutions de logistique et de sécurité dans des sites industriels en France, notamment dans l’automobile et l’aéronautique.
Les robots de tri logistique de Cainiao (filiale d’Alibaba) sont déjà utilisés dans certains centres européens, influençant directement les chaînes d’approvisionnement françaises.
b) Des partenariats stratégiques en santé et industrie
La coopération franco-chinoise en robotique se renforce, notamment dans les domaines de la santé et de l’industrie. L’opération cardiaque franco-chinoise réalisée à distance en 2025, grâce à un robot haute précision et un réseau 5G/ 6G, illustre le potentiel de ces collaborations. En industrie, des partenariats émergent entre des acteurs français et chinois pour développer des robots collaboratifs (cobots) et des solutions d’automatisation intelligente, notamment dans l’aéronautique et l’énergie.
c) Des enjeux économiques et géopolitiques
Pour la France, ces collaborations représentent à la fois une opportunité et un défi :
Opportunité : Accéder à des technologies de pointe à moindre coût, stimuler l’innovation locale et renforcer la compétitivité des entreprises françaises sur les marchés internationaux.
Défis : Préserver la souveraineté technologique, éviter une dépendance excessive aux solutions chinoises, et garantir le respect des normes européennes en matière de protection des données et d’éthique.
Selon une étude de l’IFR (International Federation of Robotics), la France pourrait voir sa productivité industrielle augmenter de 15 à 20 % d’ici 2030 grâce à l’intégration de robots chinois.
Une transformation inéluctable, des opportunités à saisir
La Chine, en combinant investissements massifs, stratégie industrielle claire et innovation rapide, redéfinit les équilibres mondiaux. Pour les acteurs français et européens, l’enjeu est double :
Saisir les opportunités offertes par ces technologies, notamment dans les secteurs de la santé, de l’industrie et des services.
Préserver leur souveraineté en développant des partenariats équilibrés, en investissant dans l’innovation locale et en encadrant les collaborations avec la Chine.
En 2025, la Chine devrait produire plus de 10 000 robots humanoïdes, représentant la moitié du marché mondial, mais avec des usages concrets encore limités.
He Xiaopeng – Fondateur de XPeng en est convaincu : « Dans les dix prochaines années, un nouveau rôle émergera pour les humains : apprendre à contrôler et gérer les systèmes robotiques... Le robot humanoïde de première génération est à la fois intelligent et encore très limité. »
La Chine entend bien garder son leadership...
N.P




